Arrêts de travail : ce qui change au 1er septembre 2026 pour les salariés et les employeurs

À compter du 1er septembre 2026, la durée des arrêts maladie sera pour la première fois plafonnée par la loi. Cette réforme, issue de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 et précisée par trois décrets publiés au Journal officiel le 13 juin 2026, concerne l'ensemble des salariés du privé et leurs employeurs.

Ce qui change

Jusqu'à présent, aucune durée maximale légale n'encadrait la prescription d'un arrêt de travail : les médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes s'appuyaient sur des recommandations indicatives selon les pathologies. À partir du 1er septembre, un nouveau plafond s'applique : 31 jours maximum pour une première prescription, et 62 jours pour chaque prolongation. Seuls les arrêts prescrits à compter de cette date sont concernés ; ceux déjà en cours ne sont pas modifiés.

Le motif de l'arrêt devient par ailleurs obligatoire sur la prescription, et le médecin peut solliciter l'avis du contrôle médical de l'Assurance maladie dès trois mois d'arrêt. Un volet complémentaire de la réforme, portant sur la durée maximale d'indemnisation des arrêts liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle, entrera en vigueur en janvier 2027.

Pour les salariés

Le droit à l'arrêt de travail n'est pas remis en cause. En cas de besoin d'une absence plus longue, le médecin pourra prescrire une prolongation, avec justification médicale à chaque renouvellement. Des dépassements restent possibles si l'état de santé du patient le justifie. Concrètement, un salarié immobilisé plusieurs mois devra simplement consulter à nouveau son médecin avant l'échéance du premier arrêt, pour un point d'étape sur son état de santé. ...

Arrêts de travail : ce qui change au 1er septembre 2026 pour les salariés et les employeurs

Pour les employeurs et les RH

Cette évolution implique un suivi administratif plus régulier des arrêts de longue durée : chaque renouvellement génère une nouvelle prescription à intégrer dans la gestion de la paie et, le cas échéant, de la subrogation. Les services RH ont intérêt à anticiper dès maintenant l'organisation de ce suivi, notamment pour les absences déjà connues comme susceptibles de se prolonger, et à informer clairement les salariés que leurs droits demeurent inchangés.

Cette réforme s'inscrit dans un contexte de hausse continue des dépenses liées aux arrêts de travail, évaluées à 18 milliards d'euros par an par le ministère du Travail et des Solidarités, avec une progression d'environ un milliard d'euros supplémentaire chaque année.