Compte personnel de formation : ce que révèlent les chiffres 2025
La Dares a publié en juillet 2026 un bilan annuel du compte personnel de formation (CPF). Après un rebond en 2024, le dispositif enregistre en 2025 un net recul des entrées en formation. Derrière cette baisse globale, plusieurs évolutions structurelles se dessinent, portées par les réformes réglementaires successives et par la recomposition du public utilisateur. Décryptage des données clés et des tendances à retenir.
Un repli de 11 %, dans la continuité d'une tendance de fond
En 2025, 1 226 000 formations ont débuté dans le cadre du CPF, contre 1 380 000 environ en 2024, soit une baisse de 11 %. Ce chiffre s'inscrit dans une trajectoire descendante amorcée dès 2021, après le pic historique de cette année-là (+110 % par rapport à 2020). Seule l'année 2024 avait fait figure d'exception, avec une légère progression de 4 % liée à des ajustements réglementaires ponctuels. Le nombre de bénéficiaires suit une évolution comparable : 1 110 000 personnes ont mobilisé leur CPF en 2025, soit 10 % de moins qu'en 2024, mais un repli plus modéré (-4 %) si l'on compare à 2023. Le dispositif semble donc se stabiliser à un niveau inférieur à celui de son pic, plutôt que de s'effondrer durablement. Un tiers des utilisateurs de 2025 avait déjà eu recours au CPF entre 2020 et 2024, signe d'une appropriation progressive et durable de l'outil par une partie du public.
France Travail, premier prescripteur du CPF
L'enseignement le plus significatif de cette étude tient à la recomposition du public utilisateur. Alors que les entrées en formation des personnes non inscrites à France Travail chutent de 22 % en 2025, celles des personnes inscrites progressent de 8 %, après une hausse déjà marquée de 14 % en 2024. Résultat : la part des inscrits à France Travail dans l'ensemble des entrées CPF atteint 43 % en 2025, contre 35 % en 2024 et seulement 32 % en 2023. Cette dynamique s'explique en grande partie par la loi Plein Emploi, entrée en application au 1er janvier 2025, qui rend obligatoire l'inscription à France Travail des jeunes de moins de 25 ans en contrat d'engagement jeune (CEJ) ainsi que des bénéficiaires du RSA. Or, être inscrit à France Travail permet d'échapper à la participation forfaitaire obligatoire (PFO), ce qui facilite la mobilisation du CPF pour ce public. Cette tendance mérite d'être suivie dans la durée : elle pourrait redessiner durablement le profil type de l'utilisateur du CPF, historiquement plus associé aux salariés en activité qu'aux demandeurs d'emploi.
Permis moto et création d'entreprise : deux réformes, deux chutes brutales
Deux décisions réglementaires expliquent une large part du recul global. D'abord, la restriction du financement du permis moto, entrée en vigueur en mai 2024, a provoqué un effondrement de 94 % des entrées sur ce segment (7 800 en 2025, contre 130 200 en 2024). Le permis B reste la formation la plus demandée du CPF, avec 289 100 entrées, mais recule lui aussi de 6 %. Ensemble, les formations liées aux transports demeurent toutefois le premier domaine mobilisé, avec 40 % des entrées totales, malgré une baisse de 21 % sur un an. Ensuite, la fin de l'éligibilité des formations non certifiantes à la création d'entreprise, effective depuis le 16 février 2025, s'est traduite par une baisse de 60 % des entrées sur ce segment, qui ne représente plus que 3 % du total contre 6 % les deux années précédentes. Les candidats à la création d'entreprise se reportent en partie vers des formations certifiantes, qui représentent désormais deux tiers des entrées sur ce domaine, contre un tiers auparavant.
Le présentiel regagne du terrain, le distanciel se stabilise
Après plusieurs années marquées par l'essor du distanciel, la modalité pédagogique des formations CPF connaît un rééquilibrage progressif. La part des formations réalisées en présentiel augmente de façon constante depuis 2022, pour atteindre 42 % des entrées en 2025, un niveau qui se rapproche de celui de 2020 (44 %). À l'inverse, la part du distanciel, qui avait culminé à 51 % en 2021 et 2022, se stabilise à 30 % depuis 2024, après un net recul en 2023 (39 %). Cette évolution recouvre toutefois de fortes disparités selon les domaines de formation. Le présentiel reste très largement dominant pour les formations en sécurité (95 %), en génie civil et construction (77 %), dans les transports (61 %) ou en coiffure et esthétique (55 %). À l'inverse, l'informatique (79 %), le secrétariat et la bureautique (72 %) ainsi que l'enseignement et la formation (60 %) restent majoritairement dispensés à distance. Certaines formations privilégient quant à elles un format mixte, associant présentiel et distanciel : c'est le cas du permis B (52 %), de la VAE (46 %) et des bilans de compétences (37 %). ...