Médaille du travail : l'État récompense moins la fidélité
La médaille d’honneur du travail, symbole historique de reconnaissance des carrières longues, connaît un tournant en 2026. La suppression de son avantage fiscal rebat les cartes pour les salariés du privé comme pour les employeurs, en atténuant la portée financière de cette distinction.
Une reconnaissance ancrée dans le temps
Créée en 1948, la médaille du travail distingue l’ancienneté et la qualité du parcours professionnel dans le secteur privé. Elle s’organise en quatre échelons : argent (20 ans), vermeil (30 ans), or (35 ans) et grand or (40 ans). Accessible à tous les salariés (hors fonctionnaires), y compris en cas de mobilité entre entreprises, elle reste aujourd’hui un marqueur symbolique fort de fidélité et d’engagement.
Au-delà de la distinction officielle délivrée par l’État, sa valeur repose largement sur les pratiques des entreprises, qui y associent fréquemment une prime ou des avantages spécifiques.
Des montants variables selon les conventions et les entreprises
En pratique, les primes liées à la médaille du travail varient fortement d’un secteur à l’autre ou d'une entreprise à l'autre.
Par exemple, la convention collective nationale de l'immobilier (administrateurs de biens, sociétés immobilières, agents immobiliers) prévoit une gratification équivalente à un mois de salaire brut après 20 ans d’ancienneté, pouvant évoluer avec les échelons supérieurs.
Dans certaines entreprises, les montants sont définis par accord interne. C’est le cas du groupe Malakoff-Humanis, où les salariés peuvent percevoir une prime d’e 440 € pour 20 ans d’ancienneté au sien du groupe, avec une progression pour les durées supérieures.
Ces exemples illustrent l’hétérogénéité des pratiques, mais aussi l’importance de cette récompense dans la reconnaissance des parcours longs.
Une prime désormais imposable
Jusqu’ici, les gratifications versées à l’occasion de la médaille du travail pouvaient bénéficier, sous conditions, d’une exonération d’impôt sur le revenu. La loi de finances pour 2026 met fin à ce régime dérogatoire. ...