Congé supplémentaire de naissance : tout ce qu'il faut savoir

À compter du 1er juillet 2026, tous les parents salariés disposent d'un nouveau droit : le congé supplémentaire de naissance. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et précisé par trois décrets publiés au Journal officiel du 31 mai 2026, ce congé permet à chaque parent de prolonger sa présence auprès de son enfant après un congé maternité, paternité ou adoption, avec une indemnisation bien supérieure à celle du congé parental classique.

Un congé pour qui ?

Ce nouveau congé s'adresse à chaque parent, qu'il soit mère ou père, à condition d'avoir d'abord épuisé ses droits au congé de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou au congé d'adoption. Il ne remplace aucun de ces congés existants : il vient en complément.

Les travailleurs indépendants, les professions libérales et les non-salariés agricoles y ont également accès, dans des conditions d'indemnisation adaptées à leur statut (décret n° 2026-426). Les travailleurs handicapés en ESAT bénéficient aussi de ce droit depuis le décret n° 2026-425.

Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail peuvent également en bénéficier. Dans ce cas, ils ne préviennent pas un employeur mais France Travail, dans les mêmes délais (au moins 1 mois avant le début du congé, via leur espace personnel en ligne ou auprès de leur conseiller). La demande d'indemnisation se fait via le téléservice dédié sur demarches.numeriques.gouv.fr, disponible à partir du 1er juillet 2026. Point d'attention : les allocations chômage sont suspendues pendant toute la durée du congé, puis rétablies si les conditions sont toujours remplies. La condition des 6 mois d'affiliation s'applique également.

Le congé s'applique aux enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026. Pour les naissances intervenues entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, les parents peuvent en bénéficier dès le 1er juillet 2026.

Combien de temps et comment le prendre ?

Chaque parent peut choisir de prendre 1 ou 2 mois de congé supplémentaire. Si la durée choisie est de 2 mois, il est possible de les fractionner en deux périodes distinctes d'un mois chacune, selon les besoins de la famille.

Les deux parents peuvent prendre leur congé simultanément ou en alternance : il n'y a pas d'obligation de coordination imposée par la loi.

Le congé doit être pris dans un délai de 9 mois à compter de la naissance ou de l'arrivée de l'enfant au foyer. Pour les parents d'enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, ce délai court à partir du 1er juillet 2026, ce qui leur laisse en principe jusqu'au 31 mars 2027, sauf situations particulières prévues par les textes pour en bénéficier.

Dans des situations exceptionnelles — décès de l'enfant ou forte diminution des ressources du foyer — le salarié peut interrompre son congé de manière anticipée, en prévenant son employeur au moins 8 jours avant la reprise souhaitée, justificatifs à l'appui.

Prévenir son employeur : comment et quand ?

Le salarié doit informer son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre contre récépissé). Ce courrier doit préciser :

  • la durée du congé choisie (1 ou 2 mois) ;
  • le souhait ou non de le fractionner ;
  • les dates envisagées pour chaque période.

Le délai de prévenance est fixé à un mois avant le début du congé. Ce délai est réduit à quinze jours lorsque le congé suit immédiatement un congé de paternité ou d'adoption et que le salarié souhaite le débuter dans le mois suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant.

Quelle indemnisation ?

L'indemnité est versée par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM), à condition que le parent cesse toute activité professionnelle pendant la période de congé.

Condition d'affiliation : pour percevoir cette indemnité, il faut justifier d'au moins 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date de début du congé (CSS, art. R. 313-4-1, décret n° 2026-425). Un salarié peut donc avoir le droit de s'absenter — le Code du travail le lui permet — sans pour autant être indemnisé s'il ne remplit pas encore cette condition. À vérifier en amont. ...

Congé supplémentaire de naissance : tout ce qu'il faut savoir

Pour les salariés remplissant cette condition, le calcul est basé sur les trois derniers mois de salaire net avant l'arrêt et s'organise de façon dégressive :

  • 70 % du salaire net pour le premier mois ;
  • 60 % du salaire net pour le second mois ;
  • dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € au 1er janvier 2026.

Pour les travailleurs indépendants, une indemnité journalière forfaitaire s'applique dans les mêmes proportions (70 % puis 60 %). Pour les non-salariés agricoles, l'allocation de remplacement correspond à celle prévue pour la maternité ou la paternité.

À noter : ce congé ouvre également des droits à la retraite. Les périodes prises sont comptabilisées pour l'acquisition de trimestres (décret n° 2026-425).

Cumuls impossibles : sur une même période, l'indemnité du congé supplémentaire de naissance n'est pas cumulable avec les indemnités journalières maladie ou accident du travail, les allocations chômage, la PreParE (congé parental), ni le complément de libre choix du mode de garde pour le même enfant.

Ce congé et les autres : ne pas confondre

Le congé de naissance de 3 jours (pour événement familial) existe depuis longtemps et n'a rien à voir avec ce nouveau dispositif.

Le congé parental d'éducation reste possible après le congé supplémentaire de naissance. Les parents peuvent y recourir en complément et bénéficier de la PreParE versée par la CAF, mais son indemnisation est nettement plus faible (environ 459 € par mois). Le congé supplémentaire de naissance offre donc un palier intermédiaire beaucoup plus avantageux financièrement.

En résumé

   
Entrée en vigueur 1er juillet 2026
Bénéficiaires Salariés, indépendants, ESAT — chaque parent
Condition avoir bénéficié de son congé maternité, paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption
Durée 1 ou 2 mois par parent, fractionnable
Délai de prise 9 mois à partir de la naissance ou de l'arrivée au foyer
Préavis employeur        1 mois (15 jours dans certains cas)
Indemnisation 70 % du salaire net (1er mois) / 60 % (2e mois) — plafond SS
Versement Par la CPAM
Droits retraite Oui, trimestres pris en compte

 

Textes de référence

  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026), article 99
  • Décret n° 2026-419 du 30 mai 2026 — modalités de prise du congé
  • Décret n° 2026-425 du 30 mai 2026 — indemnisation régime général, ESAT, droits retraite
  • Décret n° 2026-426 du 30 mai 2026 — travailleurs indépendants et non-salariés agricoles