Le spectre de l'IA générale

Dès le 17 juin, nous évoquions dans l'édito « STOP à l'IA ? », les mises en garde d'Anthropic sur une possible auto-amélioration récursive des systèmes, où l'IA participerait elle-même à la conception de ses successeurs. Trois mois plus tard, l'alerte prend une tournure plus concrète.

Le 8 septembre 2026, Jacob Coxon, chercheur britannique de 27 ans spécialisé dans l'entraînement des modèles de langage, démissionne d'Anthropic et quitte le secteur de l'IA. Il accuse les grands laboratoires de « jouer avec nos vies » dans leur course vers une superintelligence capable de s'améliorer seule. Quelques jours plus tard, un autre chercheur maison estime à plus de 10 % la probabilité que l'IA cause l'extinction humaine dans la décennie, tout en reconnaissant l'absence de plan pour y faire face.

Samedi 13 septembre, Dario Amodei, patron d'Anthropic, appelle publiquement à ralentir le développement de l'IA. Elon Musk approuve aussitôt sur X, suivi par Sam Altman, PDG d'OpenAI.

Ce qui n'était qu'une hypothèse évoquée en juin devient, dès septembre, un avertissement porté par les acteurs eux-mêmes de la course technologique.

Selon vous, ces appels à la prudence relèvent-ils d'une prise de conscience sincère, ou d'une stratégie pour mieux encadrer une concurrence qu'ils dominent déjà ?