Le petit patron et la sagesse du pêcheur
Ils sont boulangers, plombiers, commerçants. Du boulot, ils en ont, et ils pourraient embaucher. Mais de plus en plus, ils disent stop. Leur raisonnement est simple : grossir, c’est bosser plus pour payer des salaires, des charges et un État qui en veut toujours plus. Très peu pour eux.
Ça rappelle « Le Petit Pêcheur » de Manon Lisa : à quoi bon se tuer à la tâche vingt ans pour finir par profiter de ce qu’on a déjà ?
Et ce n’est pas qu’une impression. Des chercheuses de l’Université de Montpellier ont suivi treize petites entreprises. Résultat : pour ces patrons, grossir, c’est risquer de perdre leur savoir-faire et de passer leurs journées dans la paperasse. Ils préfèrent faire mieux plutôt que faire plus.
Il faudrait quand même l’entendre. Quand ceux qui créent l’emploi préfèrent rester petits, ce sont autant d’embauches qui ne se feront jamais.