Le CDI, un contrat de moins en moins utilisé ?

La dernière publication de la Dares sur les mouvements de main-d'œuvre confirme une tendance qui s'installe dans la durée : le contrat à durée indéterminée recule, tandis que le contrat court s'impose comme la norme à l'embauche.

Un recul qui n'est plus ponctuel

Au premier trimestre 2026, 6,58 millions de contrats de travail ont été signés en France métropolitaine dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit une progression de 0,9 % par rapport au trimestre précédent. Mais cette dynamique repose presque entièrement sur le CDD, dont le nombre atteint 5,61 millions d'embauches (+1,1 % sur le trimestre, +3,6 % sur un an).

À l'inverse, les embauches en CDI poursuivent leur baisse : 964 300 contrats signés, soit 0,7 % de moins qu'au trimestre précédent et 4,9 % de moins qu'un an plus tôt. Ce repli n'est pas isolé : il fait suite à une baisse de 2,2 % au trimestre précédent. Conséquence directe, la part du CDD dans les embauches atteint désormais 85,3 %, son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2017.

Des trajectoires contrastées selon les secteurs

Le recul du CDI touche inégalement les branches d'activité. Sur un an, les mouvements de main-d'œuvre reculent nettement dans l'information-communication (-5,5 % pour les embauches) et, de façon plus modérée, dans la construction (-1,5 %). À l'inverse, le tertiaire non marchand affiche une forte progression des embauches (+7,0 % sur un an), tout comme l'hébergement-restauration (+4,7 %) — deux secteurs où cette croissance s'appuie toutefois largement sur des contrats courts. ...

Le CDI, un contrat de moins en moins utilisé ?

Du côté des fins de contrat, 6,57 millions de contrats ont pris fin au premier trimestre, en hausse de 0,8 %. Les fins de CDI progressent également (+0,4 %), portées notamment par la hausse des licenciements non économiques (+2,6 %) et des départs en retraite (+4,8 %), tandis que les démissions se stabilisent et que les ruptures conventionnelles continuent de baisser (-2,8 %).

Ce que cela signifie pour le marché du travail

Pour les professionnels du recrutement et de l'insertion, ces chiffres traduisent une accentuation du recours aux contrats courts, qui concerne désormais la quasi-totalité des embauches hors intérim. Les missions d'intérim, pour leur part, progressent légèrement (+0,4 % sur le trimestre, +1,0 % sur un an), confirmant que la flexibilité reste privilégiée par les employeurs dans un contexte économique encore incertain.


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