L'IA utilisé par 56% des salariés de France Travail
La Cour des Comptes a publié un rapport sur l’usage de l’IA par France Travail, opérateur majeur de l’État qui l’utilise depuis près de dix ans, avec plus de la moitié de ses salariés concernés en 2025.
Le rapport dresse un bilan contrasté de l'usage de ces technologies depuis 2017. Voici un résumé en 6 faits clés :
Points Positifs
-
Gains d'efficience significatifs : Le déploiement de l'IA a permis de générer des gains d'efficience estimés à 120 M€ sur la période 2017-2025, ce qui couvre les coûts de développement de 108 M€. Ces gains permettent aux conseillers de se libérer des tâches répétitives pour se concentrer sur l'accompagnement.
-
Installation réussie de capacités technologiques : À travers le programme "Intelligence emploi" (2019-2022), France Travail a su structurer une "Fabrique IA" et une plateforme technologique performante pour concevoir ses propres outils.
-
Adoption croissante par les agents : En mars 2025, 56 % des agents déclaraient utiliser l'IA, dont 9 % quotidiennement. L'outil "ChatFT" (IA générative) est particulièrement utilisé pour la rédaction de courriels (51 % des usages).
Points Négatifs (ou Limites)
-
Retard important sur la conformité (RGPD et IA) : La Cour relève des lacunes majeures dans le respect du cadre normatif. Il y a une quasi-absence d'analyse d'impact sur la protection des données pour les outils d'IA, et l'opérateur s'est insuffisamment préparé au nouveau règlement européen sur l'IA.
-
Gouvernance et pilotage stratégique défaillants : Jusqu'en 2025, le conseil d'administration a été peu impliqué et seulement informé de manière ponctuelle. La stratégie manque de vision d'ensemble, se limitant souvent à une approche par "outils" plutôt que par missions.
-
Résultats opérationnels contrastés : Si certains outils sont efficaces (analyse de CV, détection d'offres illégales), 17 cas d'usage ont dû être abandonnés ou présentent une utilité trop faible. De plus, les effets de l'IA sur les conditions de travail et la transformation des métiers n'ont pas encore été évalués.
En conclusion, ce rapport adopte un ton vigilant et exigeant : s'il salue l'avance technologique indéniable et la réussite économique du déploiement de l'IA chez France Travail, il pointe avec sévérité un déficit de maturité juridique et stratégique, avertissant que l'innovation ne doit plus se faire au détriment de la protection des données et de la conformité réglementaire.
Ce qui, au regard des dernières fuites de données constatées du fait de partenaire de France Travail, est une nécessité !
Autres Edito
- L'IA utilisé par 56% des salariés de France Travail
- L'élan 2026
- Une baisse légère du nombre de contrats d'apprentissage signés en septembre 2025
- Budget 2026 : forte baisse des crédits pour les PCRH
- L'accompagnement Carrière aux mains des opérateurs publics
- Qui veut la peau des bilans de compétences ?
- 24 postes à pourvoir à la CAF de l'Hérault
- Offres d'emploi collectées par France travail
- Téléprotection
- La fin du 100% distanciel ?